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Authentification / Thierry Gagnon / 31 août 2023

Comprendre l’authentification par mot de passe de A à Z

Understanding Password Authentication from A to Z

Protocoles et normes d’authentification par mot de passe

Les protocoles d’authentification par mot de passe sont des séries d’étapes et de processus établis qui utilisent des mots de passe pour vérifier l’identité d’une personne qui accède à un service ou à une ressource. Ces protocoles définissent des règles qui permettent l’échange sécurisé des données de mot de passe entre deux entités. Au-delà des protocoles, diverses normes et techniques contribuent également à renforcer la sécurité de l’authentification par mot de passe.

Qu’est-ce que le protocole d’authentification par mot de passe ?

Le protocole d’authentification par mot de passe (PAP, Password Authentication Protocol) est une méthode de transmission et d’authentification des mots de passe sur un réseau. Le PAP est un protocole standard d’Internet qui utilise une prise de contact bidirectionnelle pour établir un lien entre les appareils clients et les serveurs. Cette méthode quelque peu désuète n’offre toutefois pas une sécurité robuste, puisqu’elle transmet les mots de passe en clair sur le réseau.

Le PAP n’est qu’un protocole d’authentification par mot de passe parmi d’autres ; voici d’autres protocoles d’authentification couramment utilisés aujourd’hui :

  • CHAP (Challenge Handshake Authentication Protocol) : Ce protocole valide l’identité des clients distants auprès des serveurs PPP (Point to Point Protocol) au moyen d’une fonction de hachage à sens unique, de sorte que le mot de passe réel n’est jamais transmis sur le réseau.
  • OpenID : OpenID authentifie les utilisateurs auprès d’applications participantes (appelées parties de confiance) par l’entremise d’un service tiers. Les utilisateurs peuvent ainsi se connecter à plusieurs applications ou services avec un seul jeu d’identifiants provenant de leur fournisseur OpenID.
  • SAML (Security Assertion Markup Language) : SAML est une norme ouverte fondée sur XML qui sert à échanger des données d’authentification et d’autorisation entre deux parties. Ce protocole permet à un utilisateur de s’authentifier à un seul endroit (auprès d’un fournisseur d’identité centralisé), puis d’accéder à plusieurs applications ou services (les fournisseurs de services) sans avoir à saisir de nouveau ses identifiants. Le protocole repose sur une relation de confiance établie entre le fournisseur d’identité et le fournisseur de services au moyen d’un jeton sécurisé appelé assertion SAML.

Au-delà des protocoles, d’autres normes et techniques viennent renforcer la sécurité de l’authentification par mot de passe.

Techniques de hachage et de salage

Le hachage est le processus qui consiste à convertir un mot de passe en une chaîne de caractères unique à l’aide d’une fonction de hachage. Cette fonction de hachage n’est rien d’autre qu’une fonction mathématique qui prend des entrées de tailles variables (comme des mots de passe) et les convertit en sorties de longueur fixe.

Comme une fonction de hachage est à sens unique, il est impossible de retrouver le mot de passe d’origine à partir de l’empreinte, ce qui renforce la sécurité lorsque les mots de passe sont stockés sous forme de valeurs hachées. Cette fonctionnalité à sens unique explique aussi pourquoi les utilisateurs doivent réinitialiser leur mot de passe lorsqu’ils l’oublient : la valeur hachée ne permet pas de récupérer le mot de passe d’origine.

Le hachage pose toutefois un problème : si deux utilisateurs ont le même mot de passe, ils auront aussi la même empreinte. C’est là qu’intervient le salage. Un sel est une chaîne aléatoire générée pour chaque mot de passe, puis ajoutée à la fin (ou au début) du mot de passe de l’utilisateur avant le hachage. Ainsi, même si deux utilisateurs ont le même mot de passe, leurs empreintes seront différentes, puisque les sels sont différents.

Ensemble, ces deux techniques compliquent grandement la tâche des pirates qui ciblent des mots de passe et, surtout, des bases de données de mots de passe entières. En fait, le hachage et le salage rendent impossible l’utilisation d’une seule table arc-en-ciel pour pirater une base de données de mots de passe. Chaque utilisateur doit plutôt être ciblé individuellement, ce qui est extrêmement long, surtout avec des fonctions de hachage lentes comme Argon2. Cela suffit à rendre ces techniques inestimables, mais le salage protège aussi à lui seul les mots de passe individuels, en assurant une entropie élevée et en écartant les attaques visant les mots de passe couramment utilisés.

Chiffrement pendant la transmission pour une authentification sécurisée

Même si vous stockez les mots de passe de façon sécuritaire grâce au hachage et au salage, ceux-ci peuvent être vulnérables lorsqu’ils circulent sur un réseau, par exemple lorsqu’un utilisateur se connecte à distance à son poste de travail au moyen d’une connexion de bureau à distance. C’est là qu’interviennent les protocoles de chiffrement comme SSL (Secure Sockets Layer) et TLS (Transport Layer Security), qui contribuent à protéger les mots de passe en transit. Il importe toutefois de souligner qu’aujourd’hui, les protocoles SSL sont désuets et ne sont plus pris en charge par la majorité des serveurs et des clients. Il en va de même pour TLS 1.0 et 1.1, Internet étant passé à TLS 1.2 et 1.3 pour les communications sécurisées.

Ces protocoles brouillent le paquet de données contenant le mot de passe de l’utilisateur pour le rendre illisible, à l’aide d’une clé de chiffrement précise. Même si un pirate opportuniste parvient à intercepter des paquets de données, l’utilisation de SSL/TLS fait en sorte qu’il ne peut pas comprendre les données interceptées : le mot de passe de l’utilisateur demeure inconnu.

Gestion et stockage sécuritaires des mots de passe

Le stockage et la gestion sécuritaires des mots de passe sont tous deux nécessaires pour empêcher l’accès non autorisé à vos systèmes et à vos ressources. La gestion des mots de passe est souvent axée sur les utilisateurs, mais ce volet de l’équation ne représente pas tout le portrait. En plus d’encourager les utilisateurs à créer des mots de passe forts et uniques, vos systèmes devraient utiliser des algorithmes de hachage à jour, limiter les tentatives de connexion infructueuses et faire l’objet de tests de vulnérabilité réguliers.

L’importance d’une authentification par mot de passe sécuritaire

Dans bien des contextes, les mots de passe constituent le principal moyen de vérifier l’identité des utilisateurs : ils sont largement utilisés pour les comptes en ligne, les services de courriel, les connexions réseau et probablement la majorité de vos applications d’entreprise. Les mots de passe offrent à vos employés un moyen simple d’accéder à leurs comptes, sans matériel spécialisé ni processus complexes susceptibles de nuire à l’exécution de leur travail quotidien.

Un mot de passe fort, caractérisé par sa complexité, sa longueur et son unicité, réduit considérablement le risque d’accès non autorisé à vos systèmes, à vos données et à vos autres ressources. Les mots de passe robustes sont plus difficiles à casser au moyen d’attaques par force brute, dans lesquelles les adversaires essaient systématiquement diverses combinaisons pour deviner le mot de passe.

Les conseils sur les mots de passe portent souvent sur l’intégration d’un mélange de lettres majuscules et minuscules, de chiffres et de caractères spéciaux. Si la complexité a du bon, on peut soutenir que les mots de passe longs sont encore plus sécuritaires que les mots de passe complexes. Le temps nécessaire pour casser un mot de passe par force brute croît de façon exponentielle avec sa longueur. Il est aussi généralement plus facile pour une personne de retenir de longues phrases ou des suites de mots familiers que des combinaisons complexes de caractères, de symboles et de chiffres.

Des risques de sécurité courants persistent néanmoins avec l’authentification par mot de passe. Les attaques par force brute demeurent une menace considérable, surtout lorsque les utilisateurs choisissent des mots de passe faibles et faciles à deviner. La réutilisation des mots de passe constitue un autre problème important. Les utilisateurs emploient souvent le même mot de passe sur plusieurs plateformes, ce qui les expose à des vulnérabilités généralisées. Si un compte est compromis, les attaquants peuvent accéder à d’autres comptes au moyen des mêmes identifiants. Pour cette raison, et parce que la plupart des utilisateurs doivent gérer plus de 20 mots de passe, il est important qu’ils choisissent des mots de passe uniques et envisagent d’utiliser un gestionnaire de mots de passe sécurisé.

Comment fonctionne l’authentification par mot de passe

1. Inscription de l’utilisateur et création du mot de passe

Lorsqu’un nouvel utilisateur s’inscrit à une application, on lui demande de choisir un nom d’utilisateur (ou de fournir une adresse courriel) et de créer un mot de passe. La plupart des systèmes modernes exigent un mot de passe fort qui respecte des règles précises, comme une longueur minimale et l’utilisation d’une combinaison de lettres majuscules et minuscules, de chiffres et de caractères spéciaux. Des techniques de hachage et de salage sont appliquées au mot de passe choisi, puis le résultat est stocké dans une base de données de mots de passe.

2. Vérification du mot de passe lors des tentatives de connexion

Lorsqu’un utilisateur tente de se connecter, le système ou l’application doit vérifier en deux étapes que le mot de passe fourni est le bon. La première étape, le nouveau hachage, consiste pour l’utilisateur à saisir son nom d’utilisateur et son mot de passe. Le système récupère alors le sel associé à ce nom d’utilisateur, l’ajoute au mot de passe saisi et applique la fonction de hachage.

Le système compare l’empreinte obtenue aux valeurs stockées dans la base de données de mots de passe. Si les valeurs correspondent, le mot de passe est exact et l’utilisateur obtient l’accès au système.

3. Gestion des mécanismes de récupération et de réinitialisation des mots de passe

Lorsque les utilisateurs oublient leur mot de passe, les systèmes sécurisés offrent des mécanismes pour le réinitialiser :

Lien ou code de réinitialisation : Le système demande à l’utilisateur de saisir son nom d’utilisateur ou son adresse courriel. Il envoie ensuite un lien ou un code de réinitialisation unique à l’adresse courriel ou au numéro de téléphone enregistré de l’utilisateur. Pendant ce processus, il est important de ne donner aucune indication quant à l’existence du nom d’utilisateur ou de l’adresse courriel dans la base de données. Des messages comme « Si cette adresse courriel est associée à un compte, vous recevrez un lien de réinitialisation » valent mieux que ceux qui indiquent qu’aucun compte n’a été trouvé, car de telles invites aideraient un attaquant à déterminer quelles adresses courriel sont utilisées.

Réinitialisation du mot de passe : Le système invite l’utilisateur à saisir un nouveau mot de passe (et à le confirmer). Il génère et stocke ensuite une nouvelle empreinte (et un nouveau sel).

Comment l’authentification multifacteur renforce la sécurité par mot de passe

Les trois étapes précédentes décrivent le déroulement de base de l’authentification par mot de passe. Les mots de passe demeurent toutefois susceptibles d’être cassés en raison d’une mauvaise hygiène des mots de passe ou de l’ingénierie sociale. Une brèche très médiatisée survenue en 2022 a vu des pirates publier des messages offensants sur Apple News après s’être introduits dans plusieurs comptes appartenant à un même employé d’un média. La personne visée avait choisi « Pizza123 », un mot de passe facile à deviner, et l’avait réutilisé sur plusieurs comptes.

Pour atténuer le risque lié à l’utilisation exclusive des mots de passe, l’authentification multifacteur ajoute une couche de protection supplémentaire. La MFA exige que l’utilisateur présente au moins deux types distincts de preuves de son identité avant d’accéder à son compte. Ces différentes preuves proviennent des trois facteurs d’authentification : quelque chose que l’utilisateur connaît (comme un mot de passe), quelque chose qu’il possède (comme un jeton physique ou un téléphone) et quelque chose qu’il est (comme une empreinte digitale ou un autre identifiant biométrique).

Avec la MFA, même si un acteur malveillant motivé casse le mot de passe d’un utilisateur ou y accède autrement, l’accès au compte ou au système visé demeure impossible sans le ou les autres facteurs. La MFA protège contre l’hameçonnage, l’enregistrement de frappe, le bourrage d’identifiants et les autres cyberattaques qui reposent sur l’obtention du mot de passe d’un utilisateur.

Cela dit, avec la MFA, il importe de noter que tous les facteurs ne se valent pas. Par exemple, la MFA fondée sur des mots de passe à usage unique (OTP) transmis par SMS est reconnue comme peu sécuritaire en raison du risque inhérent de détournement de carte SIM. De plus, les facteurs de possession connectés à Internet risquent eux aussi d’être compromis par un attaquant à distance.

Assurer la sécurité de l’authentification par mot de passe

Voici quelques conseils pour assurer la sécurité de l’authentification par mot de passe :

Chiffrement pendant la transmission :

  • Déployez des certificats SSL/TLS afin d’établir des connexions chiffrées entre les clients et les serveurs.
  • Utilisez toujours des protocoles de communication sécurisés comme HTTPS pour chiffrer les mots de passe pendant leur transmission sur Internet.
  • N’envoyez jamais de mots de passe par courriel en clair ni au moyen de plateformes de messagerie non sécurisées.

Politiques de mots de passe robustes :

  • Imposez des exigences de complexité, notamment un mélange de lettres majuscules et minuscules, de chiffres et de caractères spéciaux.
  • Fixez une longueur minimale afin d’éviter les mots de passe faibles et faciles à deviner comme « Pizza123 ».
  • Encouragez les utilisateurs à créer un mot de passe unique pour chaque compte et à éviter la réutilisation.

Gestionnaires de mots de passe :

  • Faites la promotion, auprès de vos employés, des gestionnaires de mots de passe stockés localement ou autogérés afin de les aider à générer et à conserver plus facilement des mots de passe forts et uniques pour chaque compte. (Remarque : les gestionnaires de mots de passe infonuagiques constituent une autre option, mais ils présentent un risque de compromission plus élevé, comme l’a montré le récent piratage de LastPass.)
  • Les gestionnaires de mots de passe peuvent remplir automatiquement les identifiants de connexion et réduire le risque d’attaques d’hameçonnage.

Stockage sécuritaire des mots de passe :

  • Stockez les mots de passe dans vos bases de données à l’aide de techniques cryptographiques robustes, comme bcrypt ou Argon2.
  • Ne stockez pas les mots de passe en clair et n’utilisez pas d’algorithmes de hachage faibles comme MD5 ou SHA-1

Avantages et limites de l’authentification par mot de passe

Avantages de l’authentification par mot de passeLimites de l’authentification par mot de passeFamiliarité : les utilisateurs sont habitués aux systèmes de mots de passeVulnérabilité aux mots de passe faibles : les utilisateurs peuvent choisir des mots de passe faibles ou faciles à devinerFacilité de mise en œuvre : largement pris en charge et simple à configurerRéutilisation des mots de passe : les utilisateurs réutilisent souvent le même mot de passe sur plusieurs comptes, ce qui accroît le risque de compromissionÉconomique : exigences minimales en matière d’infrastructure et de matérielAttaques par force brute : les mots de passe peuvent être vulnérables aux attaques par force brute, où les attaquants devinent systématiquement les mots de passeContrôle par l’utilisateur : les utilisateurs peuvent gérer leurs mots de passe et les changer au besoinIngénierie sociale : les attaquants peuvent manipuler les utilisateurs pour leur faire révéler leurs mots de passeCompatibilité : fonctionne avec diverses plateformes et divers systèmesVulnérabilités liées à la récupération des mots de passe : les questions de sécurité et la récupération par courriel peuvent être exploitées par les attaquantsConvient aux environnements à faible risque : suffisant lorsque les besoins de sécurité sont minimauxRisques liés au stockage des mots de passe : des pratiques de stockage inadéquates peuvent entraîner des brèches et l’exposition de donnéesPrise en charge de l’authentification multifacteur : peut être combinée à d’autres méthodes d’authentification pour une sécurité accrueMots de passe oubliés : les utilisateurs peuvent oublier leurs mots de passe, ce qui cause de la frustration et des verrouillages de compteFacile à réinitialiser : les utilisateurs peuvent réinitialiser leur mot de passe s’ils l’oublient ou s’il est compromisErreur humaine : les utilisateurs peuvent divulguer involontairement leurs mots de passe et compromettre la sécuritéÉvolutif : peut prendre en charge un grand nombre d’utilisateursPoint de défaillance unique : si le mot de passe d’un utilisateur est compromis, il donne accès à plusieurs services et comptesLargement accepté : utilisé dans divers secteurs et servicesDifficulté à retenir des mots de passe complexes : les mots de passe forts peuvent être difficiles à mémoriser pour les utilisateurs

Méthodes courantes d’authentification par mot de passe

Maintenant que nous avons vu quelques conseils simples pour renforcer la sécurité des mots de passe, examinons certaines méthodes courantes d’authentification par mot de passe présentes sur le marché, avant de présenter les cas d’usage les plus pertinents des mots de passe aujourd’hui.

2FA (authentification à deux facteurs) – jumelage de la paire classique nom d’utilisateur–mot de passe à un facteur supplémentaire pour une sécurité accrue. Les exemples courants sont les codes SMS, les notifications poussées sur téléphone intelligent et les jetons matériels.

Authentification par jeton – vérifie l’identité d’un utilisateur en générant un jeton numérique après la validation initiale de ses identifiants habituels (nom d’utilisateur et mot de passe). Ces jetons sont des chaînes de caractères uniques et encodées, générées par un serveur et remises à l’utilisateur pour ses requêtes subséquentes. Les jetons temporels expirent après un certain délai, tandis que les jetons de session sont liés à une session utilisateur précise et deviennent invalides à la fin de celle-ci.

Authentification biométrique – vérifie l’identité d’un utilisateur à partir de caractéristiques biologiques uniques, comme l’empreinte digitale ou la reconnaissance faciale. L’authentification biométrique est très sécuritaire, car elle repose sur des caractéristiques personnelles uniques, difficiles à reproduire ou à voler. Elle comporte toutefois des défis. Les préoccupations liées à la vie privée sont importantes, puisque des données biométriques volées ne peuvent pas être changées comme un mot de passe.

Authentification par reconnaissance de l’appareil – Les méthodes de reconnaissance comme l’empreinte d’appareil consistent à recueillir diverses données sur l’appareil d’un utilisateur — adresse IP, résolution d’écran, type et version du navigateur, système d’exploitation et même certains paramètres précis — afin de créer un identifiant unique, ou « empreinte », pour cet appareil.

Cette empreinte constitue une couche de sécurité supplémentaire lorsqu’elle est jumelée à l’authentification classique par mot de passe. Lorsqu’un utilisateur tente de se connecter à un service, le système vérifie non seulement le nom d’utilisateur et le mot de passe saisis, mais aussi si l’appareil utilisé correspond à une empreinte connue associée à cet utilisateur. Si l’appareil n’est pas reconnu, des mesures de sécurité additionnelles peuvent être appliquées, comme exiger une vérification d’identité supplémentaire ou bloquer la tentative de connexion.

CAPTCHA – Les CAPTCHA sont souvent jumelés à l’authentification par mot de passe afin de distinguer les utilisateurs humains des scripts automatisés ou des robots. Ils présentent des tâches faciles pour les humains, mais difficiles pour les machines : reconnaître des objets dans des images, déchiffrer un texte déformé ou résoudre de simples casse-tête. Leur objectif principal est de prévenir les attaques automatisées, comme le bourrage d’identifiants ou les attaques par force brute, où les attaquants utilisent un logiciel pour saisir automatiquement de nombreuses combinaisons de nom d’utilisateur et de mot de passe afin d’obtenir un accès non autorisé.

Cas d’usage de l’authentification par mot de passe

Conformité à diverses normes de sécurité et réglementations sur la protection des données

La conformité aux normes de sécurité est essentielle dans de nombreux secteurs pour décrocher des contrats auprès de fournisseurs ou, simplement, pour démontrer que vous prenez la cybersécurité au sérieux. Les réglementations sur la protection des données encadrent différents types de renseignements selon les industries et les régions, et leur non-respect entraîne des conséquences allant d’amendes sévères à une atteinte à la réputation.

Par exemple, la norme ISO/IEC 27001 énonce les exigences relatives à un système de gestion de la sécurité de l’information. Ces exigences comprennent une ligne directrice imposant l’authentification des utilisateurs par mot de passe pour l’accès aux systèmes.

Le cadre SOC 2 (Service Organization Control) établit des critères de gestion des données clients fondés sur cinq « principes de services de confiance » : la sécurité, la disponibilité, l’intégrité du traitement, la confidentialité et la protection de la vie privée. En matière d’authentification par mot de passe, SOC 2 exige des organisations qu’elles mettent en place et maintiennent des mesures de contrôle d’accès rigoureuses, y compris des politiques de mots de passe robustes.

La norme PCI DSS (Payment Card Industry Data Security Standard) encadre les entreprises qui traitent des transactions par carte de crédit. L’une des exigences de conformité est l’utilisation de contrôles cryptographiques robustes pour la protection des mots de passe. Elle impose également aux entreprises d’appliquer une politique de mots de passe rigoureuse, portant notamment sur la longueur, la complexité et le changement des mots de passe tous les 90 jours.

Entreprises d’impartition et cabinets-conseils

Dans les entreprises d’impartition des processus d’affaires (BPO) et les cabinets-conseils, l’authentification par mot de passe sert couramment à sécuriser l’accès à divers systèmes, applications et données. Compte tenu de la nature de ces activités, qui supposent souvent le traitement de renseignements sensibles provenant de plusieurs clients, des mesures de sécurité solides sont cruciales.

De nombreuses entreprises de BPO et de consultation utilisent maintenant des couches de sécurité additionnelles, comme l’authentification à deux facteurs (2FA) ou l’authentification multifacteur (MFA). Cela peut passer par la biométrie, des jetons matériels ou des jetons logiciels en plus des mots de passe.

Défense nationale et institutions gouvernementales

L’authentification par mot de passe est un élément crucial de la protection des renseignements sensibles au sein des organismes de défense nationale et des institutions gouvernementales. Comme ces entités traitent des informations hautement sensibles et classifiées, des contrôles d’accès et des protocoles d’authentification stricts sont essentiels. Les mots de passe font partie intégrante de ces protocoles et sont souvent combinés à d’autres mesures d’authentification pour une sécurité accrue.

Les politiques de mots de passe de ces secteurs sont généralement strictes : elles exigent des mots de passe forts et complexes, des changements réguliers et l’interdiction de réutiliser un mot de passe. Certains organismes utilisent même des outils de gestion qui génèrent et conservent automatiquement des mots de passe complexes.

Programmes malveillants qui contournent la sécurité des terminaux

En tant que gardien de vos précieuses ressources informatiques, un mot de passe fort peut dissuader efficacement de nombreux types d’attaques, y compris celles provenant de maliciels, de logiciels espions et d’autres logiciels malveillants qui tentent d’obtenir un accès non autorisé. Ces programmes malveillants sournois contournent souvent les solutions de sécurité des terminaux installées sur les appareils des utilisateurs, où ils se tapissent sans être détectés en cherchant à accéder à d’autres comptes ou ressources.

Certains types de maliciels peuvent tenter des attaques par force brute, qui consistent à deviner systématiquement des mots de passe pour accéder à un système. Des mots de passe forts et complexes, changés régulièrement, rendent ces attaques nettement plus difficiles et constituent une défense efficace contre elles.

Comment les mots de passe sont-ils stockés ?

Pour préserver la sécurité des données et la vie privée des utilisateurs, un stockage sécuritaire des mots de passe est essentiel. Dans cette section, nous verrons comment les mots de passe sont conservés dans un environnement sécurisé, et comment le hachage cryptographique fonctionne et contribue à leur sécurité.

Stockage des mots de passe dans une base de données sécurisée

  • Inscription de l’utilisateur : l’utilisateur choisit un mot de passe et le transmet au serveur au moment de créer son compte.
  • Hachage du mot de passe : le système utilise une technique de hachage cryptographique pour transformer le mot de passe en clair en une suite de caractères de longueur fixe, couramment appelée valeur de hachage, avant de l’enregistrer dans la base de données.
  • Ajout d’un sel : avant de hacher le mot de passe, une chaîne de caractères aléatoire appelée « sel » y est ajoutée afin d’accroître la sécurité de l’empreinte. On s’assure ainsi que, même si deux utilisateurs ont le même mot de passe, leurs empreintes seront uniques.
  • Stockage de l’empreinte : plutôt que de conserver le mot de passe d’origine, le serveur stocke cette valeur de hachage (accompagnée du sel) dans la base de données de mots de passe.
  • Connexion de l’utilisateur : l’utilisateur doit saisir son mot de passe pour se connecter, et celui-ci est de nouveau haché à l’aide du même algorithme et du même sel. L’empreinte stockée dans la base de données est ensuite comparée à celle qui vient d’être générée. Si elles correspondent, l’utilisateur est authentifié.

Techniques de hachage cryptographique pour la sécurité des bases de données

  • Fonctionnalité à sens unique : comme les techniques de hachage sont des fonctions à sens unique, une fois qu’un mot de passe a été haché, il est impossible de revenir à sa forme d’origine. On s’assure ainsi que, même si un pirate accède à la base de données, il ne peut pas extraire le texte réel du mot de passe à partir de l’empreinte.
  • Algorithmes courants : SHA-256, bcrypt et Argon2 comptent parmi les algorithmes de hachage cryptographique les plus répandus. SHA-256 fait partie de la famille SHA-2. Tous sont conçus pour être coûteux en calcul afin de contrer les attaques par force brute, et chacun présente ses propres avantages.
  • Gestion des collisions : en cryptographie, une collision survient lorsque deux entrées différentes produisent la même empreinte. Les bons algorithmes de hachage cryptographique réduisent les collisions et font en sorte que chaque valeur de hachage soit aussi unique que possible.
  • Mise à jour régulière des fonctions de hachage : à mesure que la puissance de traitement augmente, certaines méthodes de hachage peuvent devenir vulnérables. Il est donc essentiel de se tenir au fait des plus récentes avancées en matière d’approches cryptographiques et de mettre à jour les techniques de hachage au besoin.

Solutions de rechange aux mots de passe

Les solutions de rechange aux mots de passe sont des méthodes d’authentification qui ne reposent pas sur la combinaison classique d’un identifiant et d’un mot de passe. Parmi celles-ci figurent les méthodes fondées sur la possession ou l’inhérence, comme les cartes à puce, les jetons matériels et la biométrie.

Cartes à puce : les cartes à puce sont des cartes physiques dotées d’une puce à circuit intégré. Cette puce peut traiter des données et sert à authentifier l’utilisateur. Pour accéder à un système, l’utilisateur insère la carte à puce dans un lecteur, souvent en combinaison avec un NIP qui ajoute une couche de sécurité (authentification à deux facteurs).

Jetons matériels : un jeton matériel est un appareil physique, souvent assez petit pour tenir dans une poche, qui génère un mot de passe à usage unique (OTP) aux fins d’authentification. L’OTP peut servir pour une seule session de connexion ou une seule transaction, ce qui ajoute une couche de sécurité.

Biométrie :les méthodes d’authentification biométrique exploitent les caractéristiques biologiques uniques d’une personne — empreintes digitales, traits du visage, voix ou même motifs rétiniens — pour vérifier son identité. Elles sont de plus en plus utilisées, car elles sont difficiles à falsifier et n’exigent rien à mémoriser de la part de l’utilisateur.

Conclusion

Malgré les évolutions technologiques qui ont fait naître des solutions d’authentification de plus en plus variées, l’authentification par mot de passe demeure un élément fondamental de la protection des identités des utilisateurs dans l’univers numérique. Sa familiarité et sa facilité de mise en œuvre font en sorte que les mots de passe ne deviendront pas obsolètes dans un avenir rapproché ; leur longévité sera toutefois mise à l’épreuve par de nouvelles innovations sans mot de passe des plus prometteuses.

Chez KZero Passwordless, nous allons au-delà des mots de passe en créant des solutions d’authentification et de confiance de nouvelle génération pour sécuriser votre organisation. Avec Multi-Pass, nous avons repensé l’authentification en réunissant la technologie des cartes à puce, la biométrie hors ligne et la cryptographie dans une seule solution mondiale sans mot de passe destinée à vos employés et à vos clients.

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Thierry Gagnon



Thierry est cofondateur et chef de la technologie de KZero Passwordless, ainsi que l’un des plus grands experts mondiaux des réseaux de partage sécurisé de l’information. Fort d’une expertise en développement de systèmes automatisés, en bases de connaissances en cybersécurité, en analyse de maliciels et en rétro-ingénierie, de même qu’en renseignement sur les cybermenaces, nous lui sommes reconnaissants de…